Les hôpitaux cibles de guerre
Rony Brauman
Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), 1 348 attaques contre des établissements de santé ont été documentées en 2025, causant près de 2 000 morts parmi les patients et le personnel médical. Dans le podcast Les hôpitaux cibles de guerre diffusé sur France Culture, Julie Gacon s'entretient avec Rony Brauman.
À Gaza, au Soudan ou en Ukraine, les structures de santé ne sont pas épargnées par la guerre. Elles sont même parfois directement prises pour cible. C’est ce que dénonçait une tribune signée par Médecins sans frontières (MSF), le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et l’OMS, parue le 3 mai 2026. Le texte rappelle qu’il y a tout juste dix ans, l’ONU avait adopté une résolution visant à améliorer la protection des services de santé en temps de guerre. Un principe normalement déjà acté par les conventions de Genève qui fondent le droit international humanitaire mais qui reste régulièrement bafoué. Or, non seulement les infrastructures de santé sont plus ciblées, mais les crimes que ces attaques peuvent constituer demeurent complètement impunis et donc apparemment tolérés, alors que leurs conséquences à court et à long terme sur les populations civiles sont dévastatrices.
Dans le podcast Les hôpitaux, cibles de guerre diffusé sur France Culture, Julie Gacon s’entretient avec Rony Brauman, autour de ces questions : les hôpitaux sont-ils davantage ciblés qu’il y a 10 ans sur les théâtres de guerre ? Quelles sont les raisons de l’échec des belligérants - et des autres - à protéger les structures de santé ? Comment assurer la continuité des soins dans ce nouveau contexte ? Comment un système de santé peut-il se reconstruire après des guerres de destruction totale comme à Gaza, en Syrie ou dans le Sud Liban ? Et comment mettre fin à l’impunité de ces crimes ?
À écouter ici.
Les hôpitaux n’étaient pas plus visés, mais pas moins, que des boulangeries et des marchés, qui ne sont pas non plus des lieux menaçants pour les belligérants, mais qui sont des lieux à la fois extrêmement importants pour la survie collective, et qui sont aussi les lieux d’une certaine relation sociale, d’une certaine solidarité, d’un certain groupE Qui est détruit par ces bombardements. Donc il s’agit d’atteindre au moral même, à l’existence même de la société qui est attaquée.