Live Aid 85, chanter contre la famine
Rony Brauman
Près de quarante ans après le lancement du projet Live Aid, le podcast Affaires Sensibles (France Inter) revient sur la famine en Éthiopie et sur les limites du charity business de l’époque. L’épisode explore aussi la position singulière de MSF, seule organisation à avoir dénoncé les dérives du gouvernement éthiopien – une prise de parole qui lui vaudra d’être expulsée. Que signifie vraiment la « neutralité » humanitaire quand le silence peut cautionner des abus ? Rony Brauman en témoigne dans l’émission du 2 mars.
A l’automne 1984, une sécheresse extrême et une famine dévastatrice frappent le nord de l’Ethiopie et le Soudan. La diffusion d’un reportage marquant de la BBC déclenche alors une mobilisation humanitaire mondiale. Bob Geldof, notamment, lance le projet Live Aid 85 pour lever des fonds et soutenir les opérations d’urgence. Grâce à cet élan international, près d’un million de tonnes de vivres sont distribuées.
Mais derrière cette solidarité spectaculaire, de graves dérives apparaissent. La répartition de l’aide est très inégale, et plusieurs témoignages indiquent que le gouvernement éthiopien utilise la distribution de nourriture pour attirer des populations et les déplacer de force.
Parmi les organisations présentes, seule Médecins Sans Frontières dénonce publiquement ces pratiques. Cette prise de position isolée lui vaut d’être expulsée du pays.
Pour revenir sur le rôle de MSF et sur les questions fondamentales que cette crise a soulevées quant à l’action humanitaire en Éthiopie, Rony Brauman apporte son témoignage en conclusion de l’épisode du 2 mars du podcast Affaires Sensibles sur France Inter.
Retrouvez le podcast : Live Aid 85, chanter contre la famine | France Inter
« […] quand vous vous taisez, vous laissez les autres parler pour vous, donc vous n’êtes pas neutre. Le silence n’est pas neutre, le silence est partisan. »