L'Attestation, une expérience d'obéissance de masse
Cet échange, préparé par Marc le Pape et animé par Elba Rahmouni, est issu de la conférence organisée par le Crash le 29 février 2024 à Paris. Il est disponible en anglais en vidéo juste ici.
« Aucune population ne se met au garde-à-vous comme ça, en 2 ou 3 jours » écrivait le docteur Jean-Hervé Bradol lors d’un entretien publié dans Médiapart le 17 mars 2020, premier jour du premier confinement pendant la pandémie de Covid-19 en France. Souvent, les populations auprès desquelles nous travaillons nous montrent que même en situation de catastrophe sanitaire, elles ne sont pas prêtes à changer leurs habitudes sur une simple demande des autorités. D’ailleurs, le recours à ce genre de demandes n’est-il pas le signe que les acteurs de santé n’ont rien d’autre à proposer (traitements, vaccination par exemple) ?
Pendant les 55 jours qu’a duré le premier confinement (17 mars-11 mai 2020), il y eut en France 21 millions de contrôles au nom de l’état d’urgence sanitaire et 1,1 million d’amendes. Théo Boulakia et Nicolas Mariot expliquent que la surveillance massive propre au confinement à la française, présentée comme la seule option possible, contraste en réalité avec les choix opérés par d’autres pays, moins contraignants et menant parfois à de meilleurs résultats. Pour les auteurs, la décision par les Etats de l’enfermement est finalement « moins le produit de bonnes intentions que de vieilles habitudes » d’autoritarisme propres à l’histoire de chaque pays.
En tant que citoyen face à un évènement inédit, pourquoi obéir ? Jusqu’où accepter de voir sa liberté réduite ? Prenant appui sur des sources diverses, Théo Boulakia et Nicolas Mariot traitent ces questions de manière pratique. Dans cette « expérience d’obéissance de masse largement inédite », ils distinguent six types de réactions : les « claustrés », les « légalistes », les « exemplaires », les « insouciants », les « réfractaires », les « protestataires ».
Plus d'informations : ici.
- 00:00 Introduction
- 07:45 Présentation générale du livre
- 16:28 Le confinement comme choix politique
- 27:48 Comment quantifier la sévérité des confinements ?
- 32:24 Aurait-on pu se passer du confinement ?
- 34:55 Où passer le prochain ?
- 37:37 L'art français du confinement
- 50:24 Question 1 : Les différents comportements face à l'enfermement
- 57:27 Question 2 : Les autorités politiques et sanitaires ont-elles montré de l’intérêt pour cette enquête ?
- 01:05:00 Question 3 : Quels motifs ont joué le plus dans le respect du confinement ?
- 01:11:27 Question 4 : D’autres options que le confinement ont-elles été envisagées ?
- 01:15:00 Question 5 : Comment les caractéristiques socio-démographiques des personnes ont-elles joué sur leur comportement ?
- 01:21:14 Question 6 : Quel est le rôle des habitus nationaux dans le respect des mesures de confinement ?
- 01:26:08 Question 7 : Le remboursement des amendes en Espagne
- 01:27:38 Question 8 : Le contrôle des grandes surfaces
- 01:33:50 Question 9 : Quelles évolutions dans le temps des contrôles ? et des comportements des confiné.es ?
- 01:35:03 Question 10 : Des travaux ont-ils été menés dans les pays ayant fait le choix de la traçabilité de masse plutôt que du confinement ?
- 01:40:35 Question 11 : Y a-t-il un type de personnes "altruiste" ?
- 01:44:05 Question 12 : La question de l’infantilisation de la population
- 01:49:22 Question 13 : Pourquoi ne pas avoir nommé le livre « Une expérience de coercition de masse » ?
- 01:51:25 Conclusion
Retrouvez également cet épisode sur Acast, Spotify, Deezer et Apple Podcast.
Entretien : Théo Boulakia, Nicolas Mariot et Elba Rahmouni, avec la participation de Marc Le Pape.
Réalisation : Judith Soussan et Titouan Oheix/Making Waves.
Crédits audio
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AudioNetwork (Mission Creep, Frozen Mission, Dystopian Machina)