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Missions et missionnaires

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Rony Brauman
Rony
Brauman

Médecin, diplômé de médecine tropicale et épidémiologie. Engagé dans l'action humanitaire depuis 1977, il a effectué de nombreuses missions, principalement dans le contexte de déplacements de populations et de conflits armés. Président de Médecins Sans Frontières de 1982 à 1994, il enseigne au Humanitarian and Conflict Response Institute (HCRI) et il est chroniqueur à Alternatives Economiques. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles, dont "Guerre humanitaires ? Mensonges et Intox" (Textuel, 2018),"La Médecine Humanitaire" (PUF, 2010), "Penser dans l'urgence" (Editions du Seuil, 2006) et "Utopies Sanitaires" (Editions Le Pommier, 2000).

Rony Brauman, vous êtes ancien président de Médecins Sans Frontières. Est-il saugrenu d'établir une parenté entre les missions chrétiennes de l'histoire et les organisations humanitaires d'aujourd'hui ? Quelle est votre propre position ?

Rony Brauman : Le parallèle entre missions chrétiennes et organisations humanitaires est d'autant moins saugrenu que la question se pose régulièrement au sein des ONG lorsqu’on s’interroge sur l'esprit de mission religieux pour mieux s'en distinguer ou au contraire pour se situer dans cette filiation. Mais au-delà de questions de lexique, la dimension évangélique de certaines missions humanitaires se voit bien dans le domaine médical qui est le mien : elle se confond avec la santé publique, ou plutôt la conception hygiéniste, comportementaliste, de la santé publique.

Un exemple, parmi d’autres. C'était en 1992, au Guatemala, où une équipe médicale de MSF avait été envoyée dans le but d’engager une campagne de vaccination contre les principales maladies infectieuses infantiles et aussi de prévenir la survenue de choléra, en raison de la progression de cette épidémie depuis l’Amérique latine vers le Nord. Composée d’Espagnols, cette équipe était installée dans une bourgade de montagne, la région étant entièrement de peuplement indien. L’objectif était louable, mais il n’intéressait pas grand-monde, à part les MSF. Le choléra, maladie peu habituelle dans la région, mal mystérieux et lointain, n’apparaissait pas comme une menace aux yeux des habitants. Cherchant à convaincre la population du bien-fondé de leurs propositions, les volontaires de MSF allaient d’école en école et de village en village propager leur message. Ils racontaient une histoire : celle du petit Pablo et de la petite Juanita - prénoms espagnols et non pas indiens - qui ingéraient une eau souillée, des aliments infectés et qui tombaient donc malades. Ils expliquaient alors que ces diarrhées et déshydratations pouvaient être facilement prévenues par quelques gestes simples : bouillir l'eau, se laver les mains et faire ses besoins dans des latrines que par ailleurs MSF s’employait à construire dans l’indifférence générale. Tout cela était dit en espagnol, compris par peu de gens dans cette région, et non en quiche, la langue locale.

Ailleurs la même équipe organisait des rassemblements festifs avec orchestres… ou plus exactement ils organisaient des rassemblements qui devenaient festifs. Leur venue, en effet, était pour les gens de la montagne l'occasion de sortir les instruments de musique, de danser et de s'amuser un peu. Au cours de ces rassemblements on expliquait qu'il fallait mettre de l'eau de Javel dans l'eau pour se protéger du choléra. Au total le message était le suivant : pour se prémunir contre une épidémie mystérieuse et lointaine il suffit de verser quelques gouttes de ce précieux liquide dans une bouteille. Tout cela était une mascarade. Il suffisait de voir les visages à la fois bienveillants et perplexes du public, enfants et adultes, pour comprendre que, s'ils prêtaient l'oreille à ce discours, c'était par pur sens des convenances. En montagne, on accueille les étrangers et on les honore. Mais toutes ces pieuses recommandations glissaient sur eux comme l'eau sur les plumes d'un canard. Ce qui rajoutait au piquant de ce face à face hispano-indien, c’est qu’on célébrait à ce moment le cinq-centenaire de la Conquista…

Comment imaginer que des gens changent de croyance (dans les vertus et dangers de l’eau, du feu, des aliments en l’occurrence) simplement parce que des étrangers, que personne n’a appelés au demeurant, le leur demandent ? La foi hygiéniste le permet et c’est ce qui fait que cette équipe médicale opérait exactement comme une mission d’évangélisation. Ses membres devaient d'abord convaincre les gens qu'ils avaient un problème de santé et ensuite qu'eux-mêmes, les missionnaires, détenaient la solution. Santé, Salut, cela se dit d'ailleurs de la même façon en espagnol….J'ai eu ce soir là une conversation très orageuse avec cette équipe. J’essayais de les convaincre, sans être trop blessant, qu’ils perdaient leur temps et que leurs comportements de pasteurs n’étaient pas dans les cordes de MSF. Tel un commissaire politique, je faisais une sorte de rectification !

C'est le rôle du visiteur religieux ?

Rony Brauman : On s'y retrouve ! Je venais rectifier le programme et je les renvoyais à leur entreprise coloniale. Ils étaient très embarrassés parce qu’ils ils se rendaient bien compte qu'il y avait un problème, surtout dans le contexte de célébration du cinq centenaire. Mais ils défendaient vigoureusement leur action parce que, à leurs yeux, ce problème n'était rien à côté du véritable enjeu : la santé, le salut. Du coup, j’étais un ennemi de la santé des Indiens ! Cette mission a été fermée mais cette fermeture a été vécue par ses membres comme un renoncement, un abandon aux forces du mal, au sens ancien du terme : la maladie.

Cette mission n'est certainement pas représentative de ce qui se fait en général à Médecins Sans Frontières. Mais elle est une bonne illustration de l'aspiration à ces « pastorales de la misère » dans leur version hygiéniste qui, elle, est très largement inscrite dans l’imaginaire collectif des ONG car elle est l’une des sources historiques des dispositifs d’assistance.

Le missionnaire part aussi pour faire son propre salut. Y a-t-il une dimension de cet ordre dans l'engagement humanitaire ?

Rony Brauman : Il arrive que des membres de missions humanitaires se fassent tuer au cours de leur travail mais l'idéologie du martyr n'existe pas dans ce domaine. Cependant il est significatif qu’ici et là, des ONG retrouvent par une autre voie, la vision du martyr en cédant à la tentation de s'identifier aux victimes qu'elles aident. Une campagne de publicité me revient à l’esprit. On voyait, sur des affiches de quatre mètres sur trois (et sur des paquets de café), un médecin, reconnaissable à son stéthoscope, tenant un enfant sur les genoux. L'accroche était "sa vie, c'est ma vie". Cette mise en scène du don de soi, il me semble qu’elle fonctionne bien comme une béatification laïque. Une autre forme de sacré, plus difficile à cerner, tient à ce que l'on cherche à transmettre. Dans les domaines de la santé publique, de la nutrition, mais aussi de l'organisation sociale, j'ai rencontré des gens si profondément pénétrés d'un idéal de modernisation et d'européanisation (qu'ils appelleraient pour leur part un idéal de justice) que cela avait quelque chose à voir avec une foi prosélyteCf. Le développement, histoire d’une croyance occidentale, Gilbert Ryst, Presses de Sciences Po. et Anthropologie et développement, Jean-Pierre Olivier de Sardan, Karthala..

Vous avez esquissé là une similitude. Quelles sont les différences ?

Rony Brauman : Elles sont importantes et elles varient d’une ONG à l’autre, mais aussi d’un individu à l’autre. L’une d’entre elles, triviale de prime abord mais très importante en réalité, est le temps de séjour des volontaires. Rester six mois ou un an et demi dans un pays, c'est une expérience qui peut imprimer des marques profondes chez celui qui est parti, mais pour les sociétés concernées c'est un passage fugitif. Naturellement les volontaires se succèdent et les missions durent plus longtemps que les « missionnaires » mais ces changements de personne sont autant de coupures des relations. La légitimité sociale des humanitaires, leur inscription dans la société locale, sont beaucoup plus superficielles que celles des missionnaires.

Je ferai à ce stade une différence entre l’aide humanitaire et l'aide au développement. Dans son acception moderne, la mission humanitaire n’a pas d'autre objectif que d'aider des individus à franchir une situation de crise grave : violences armées, déracinement, épidémies, famines... Il ne s'agit pas, dans ce cas, de proposer un projet de société mais d’aider à survivre. Tandis que par définition, l'aide au développement implique le changement social. Je n’ai rien contre, naturellement, mais je ne crois pas que des étrangers soient bien placés pour cela. Alors que la situation d’extériorité est un avantage en situation de conflit.

Les missionnaires disent parfois que "la parole c'est le médicament". Est-ce que le médicament n'est pas la parole ? Tout le travail des ONG ne vient-il pas à l'appui d'un discours qui est, en gros, celui de la bénéfique occidentalisation du monde ?

Rony Brauman : Il y a certes dans le geste humanitaire une aspiration à la reproduction et donc à la dissémination de « valeurs », parmi lesquelles le progrès technique tient une place de choix. Les droits de l’homme plus les antibiotiques, pour le dire brièvement. De ce point de vue, il est vrai que les organisations humanitaires participent au processus de modernisation et d'occidentalisation du monde. Bartolomé Las Casas est notre ancêtre.

Est-ce une raison pour ne rien faire ? Il me semble évident que, pour le pire et le meilleur, ce processus est de toute façon à l'œuvre. On a le choix entre s'inscrire à la périphérie du processus, en tentant de peser dans le bon sens, ou ne rien faire. Mon choix personnel a été et reste qu'il est préférable de faire quelque chose. En revanche, je pense qu'on doit être attentif au discours des « valeurs ». Pendant des années j'ai voulu croire à une introuvable morale universelle parce que cela me semblait un fondement nécessaire de l'action. J'y ai aujourd'hui renoncé. Je pense qu'on peut fonder l'humanitaire en dehors des catégories prétendues universelles de bien et de mal, de moral et d'immoral. Dans l’abondante littérature des ONG, le mot « valeur » revient très souvent comme une évidence qui s’impose à tous. Apparemment chacun est capable de les reconnaître au jugé. Ce sont Les Valeurs, vous savez bien… la justice, le bien-être, la santé, la liberté, le droit de ne pas être torturé. Elles sont bien sûr en elles-mêmes indiscutables. C'est même leur fonction d'être au-delà de toute discussion et c’est pourquoi le discours des valeurs glisse vite, quand il ne s’accompagne pas d’un questionnement sur les valeurs, vers la posture du croisé, voire vers la croisade.

Quelle est la place dans ce tableau des organisations humanitaires d'inspiration catholique, protestante ou évangélique ?

Rony Brauman : Il y a des différences entre catholiques et protestants mais surtout des différences profondes entre les organisations européennes et américaines, surtout évangéliques. Les organismes humanitaires d'origine catholique et européenne me semblent être aujourd'hui peu ou pas prosélytes. J'ai moi-même commencé mon parcours dans l'aide humanitaire au Bénin, dans un hôpital de mission de l'organisation Medicus Mundi. Les bonnes sœurs étaient infirmières, les prêtres enseignaient et faisaient de l’assistance sociale. Il n’y avait aucune pression religieuse, l’ambiance était cordiale.

J'ai travaillé ensuite dans un hôpital de mission protestant en Thaïlande, avec des réfugiés du Laos. Là, l’ambiance était très rigoriste, la prière était omniprésente et le mécréant que je suis était tenu à bonne distance par l’équipe locale.. Ils étaient peu tolérants, mais ils retenaient leurs ardeurs prosélytes tandis que dans un autre camp de réfugiés non loin de là, où était implanté World Vision, c'était tout différent. "Vision mondiale" - tout un programme - est l'une des plus grandes organisations caritatives. Très conservatrice, basée en Californie, elle dispose d’un budget annuel de plusieurs centaines de millions de dollars. Elle distribue de l’aide alimentaire, de l’enseignement, des soins médicaux, le tout sur fond d’action évangélique. Elle installe des stations de radios, diffuse de la musique et son message pastoral, distribue des bibles et des T-shirts à la gloire de Jésus aux bénéficiaires de son aide. L'objectif primordial, auquel tout le reste est subordonné, c'est la conversion, même s’il arrive que la Bible se transforme rapidement en papier à cigarettes.

Cette mouvance est en plein essor. En Amérique centrale, on peut voir à l’œil nu l'avancée des missions évangéliques. En effet, les femmes qui se convertissent et entament une nouvelle vie de chrétiennes portent une sorte d’uniforme. D’année en année, j’ai vu dans les bidonvilles de la région un nombre croissant de femmes portant des tabliers de plusieurs nuances de vert, ou orange ou bleu et une coiffe assortie. Je crois que chaque couleur correspondait à une église évangélique. J'ai vu aussi, dans un camp de réfugiés du Nicaragua au Honduras, l'église catholique céder littéralement la place au temple. En 82, lorsque les réfugiés étaient arrivés, l'église était une belle bâtisse de bois qui trônait au milieu du camp. En l'espace de trois ans elle a été refoulée sur une petite colline non loin de là et c'est un temple qui l'a remplacée. Dans son emplacement, sa silhouette, son volume, tout montre la conquête triomphale du camp par les évangélistes.

Les ONG d'inspiration islamique ont-elles autant de dynamisme ?

Rony Brauman : Pour comprendre les ONG liées à l'Islam il faut se souvenir du fait que l'impôt religieux à vocation caritative est, dans l'Islam, un impératif. Par ailleurs les Frères musulmans ont inauguré, dès le début du XXe siècle, l'association du piétisme et de l'action sociale comme outil politique. Enfin, dans le contexte des dictatures du monde arabe et de l’écrasement des oppositions politiques, les islamistes ont annexé à leur profit la revendication démocratique et sociale contre les tyrans, les usurpateurs et les corrompus. Ils ont construit une légitimité à force de distributions de couvertures, d'aides financières et d’éducation islamique de base. L’activisme caritatif est une tradition bien ancrée dans l’islam

Comme l’ont montré plusieurs travaux, les invasions de l'Afghanistan et du Liban ont donné un coup de fouet au développement des ONG islamiques au cours des années 80Cf Jihad humanitaire, enquête sur les ONG islamiques, Abdel-Rahman Ghandour, Flammarion. C’est à cette période que des associations islamiques de solidarité ont commencé à reprendre à leur compte des formes d'organisation qu'elles observaient chez leurs homologues occidentales. Les responsables opérationnels des ONG islamiques ont souvent occupé un emploi dans une ONG occidentale. Ils avaient une compétence technique, (technicien hydraulique, traducteur, chauffeur, mécanicien), observaient une forme d'organisation, acquéraient un savoir-faire et, à un moment donné, étaient recrutés par une fondation islamique pour mener à bien la tache de mettre en place une ONG de musulmans pour les musulmans. Les ONG islamiques sont nées d'un mouvement d’appropriation de techniques et de savoir-faire et leur essor est remarquablement parallèle à celui des ONG occidentales. Il en existe actuellement un grand nombre, qui sont installées dans l'ensemble du monde musulman.

Certaines se donnent tous les moyens de leurs ambitions. Par exemple, au moment de l'intervention des Américains en Somalie, il existait une zone du pays interdite aux étrangers, véritable îlot placé entièrement sous le contrôle d'une Islamic Relief Agency financée par l'Arabie saoudite. L’ordre y régnait, disait-on, et on n’y mourrait pas de faim. Depuis lors, les islamistes ont étendu leur influence dans ce pays. Il existe d'ailleurs une compétition entre l’Arabie saoudite, l'Iran et le Soudan sur le marché de la charité islamique. Le Soudan, qui n’a pas les ressources de ses concurrents, s'est constitué, depuis le coup d'état islamiste, en un pôle du renouveau religieux en Afrique. Dans ce pays et dans bien d’autres, les ONG occidentales sont souvent vues comme des organes de diffusion du message chrétien et/ou occidental, ce qui n’est que partiellement exact et qui ne les empêche pas de travailler.

Les ONG islamiques ont des objectifs indissociablement religieux et sociaux. On trouve aussi parmi elles des "faux nez" de groupes terroristes, comme en Afghanistan où certaines ont été prises la main dans le sac d’explosifs. Mais pour la plupart, il s’agit d’abord de ramener les musulmans vers l’Islam, de ré-islamiser, comme les évangélistes cherchent à rechristianiser. Au- delà de ces buts immédiats, les ONG islamiques tiennent souvent un discours universaliste comparable en bien des points, là encore, à celui des ONG évangélistes ou tiers-mondistes, mais en contradiction avec leur pratique. Elles n’assistent en effet que des musulmans alors que rares sont les ONG chrétiennes qui ne fourniraient leur aide qu’à des chrétiens.

Les ONG européennes sont de plus en plus confrontées, en terre d’islam du moins, à ces nouvelles ONG qui les renvoient - agressivement ou calmement - à leurs origines géographiques ou religieuses. Les relations peuvent être sereines et déboucher sur un partage des tâches. Ailleurs elles sont conflictuelles. Par exemple MSF a été poussé fermement hors d’un groupe de camps de réfugiés en Afghanistan par une ONG islamiste et il a bien fallu plier bagage. Si frustrant et déplaisant que cela ait pu être, nous n’avions rien à dire car il était évident qu’ils avaient la volonté, les moyens et le savoir-faire nécessaire pour subvenir aux besoins vitaux des réfugiés. Nous ne sommes pas propriétaires de l’aide.

Ces tensions existent, il nous faut faire avec sans les ignorer ni les surestimer. Elles ne sont d’ailleurs pas spécifiques au monde musulman. Cela fait des années que l’on entend et qu’on lit des propos critiques, en Afrique, sur le « néocolonialisme » des ONG. Là ce n’est pas un faux dieu, mais des intérêts occultes, que les ONG sont parfois accusées de défendre. L’anticolonialisme, l’anti-impérialisme fédèrent ces rejets d’une tutelle occidentale plus fantasmatique que réelle, en Afrique du moins et nourrissent les discours de démagogues racistes comme en Côte d’Ivoire ou au Zimbabwe. Les désastres du Rwanda et des deux Congos (plusieurs millions de morts), pour ne parler que des plus récents, ne doivent rien à un quelconque « ordre néocolonial ». Contrairement à l’humanitaire de l’époque des empires coloniaux, celui d’aujourd’hui est le signe du retrait, et non de l’avancée, des puissances extérieures. On touche peut-être ici une limite de la « parenté » dont nous parlions au début.

 

Pour citer ce contenu :
Rony Brauman, Missions et missionnaires, 1 août 2004, URL : https://msf-crash.org/fr/publications/acteurs-et-pratiques-humanitaires/missions-et-missionnaires

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