antibiorésistance https://msf-crash.org/fr fr Mettre fin aux décès dus aux tuberculoses résistantes https://msf-crash.org/fr/publications/medecine-et-sante-publique/mettre-fin-aux-deces-dus-aux-tuberculoses-resistantes <div class="field field--name-field-publish-date field--type-datetime field--label-inline clearfix"> <div class="field__label">Date de publication</div> <div class="field__item"><time datetime="2012-04-27T12:00:00Z" class="datetime">27/04/2012</time> </div> </div> <span rel="schema:author" class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/fr/user/12" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">nicolas.l</span></span> <span property="schema:dateCreated" content="2012-04-27T00:00:00+00:00" class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">ven, 04/27/2012 - 02:00</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden field__items"> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/tuberculose" property="schema:about" hreflang="fr">tuberculose</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/epidemies" property="schema:about" hreflang="fr">épidémies</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/antibioresistance" property="schema:about" hreflang="fr">antibiorésistance</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/vaccination" property="schema:about" hreflang="fr">vaccination</a></div> </div> <details class="field--type-entity-person js-form-wrapper form-wrapper"> <summary role="button" aria-expanded="false" aria-pressed="false">Jean-Hervé Bradol &amp; Francis Varaine</summary><div class="details-wrapper"> <div class="field--type-entity-person js-form-wrapper form-wrapper field field--name-field-authors field--type-entity-reference field--label-hidden field__items"> <div class="field__item"> <article data-history-node-id="3222" role="article" about="/fr/jean-herve-bradol" class="node node--type-person node--view-mode-embed"> <div class="node__content"> <div class="group-person-profil"> <div class="group-person-image-profil"> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img src="/sites/default/files/styles/profile_image/public/2017-04/DSCF4265.jpg?itok=AmXSIDIp" width="180" height="230" alt="Jean-Hervé Bradol" typeof="foaf:Image" class="image-style-profile-image" /> </div> </div> <div class="group-person-content"> <div class="group-person-firstname-lastname"> <div class="field field--name-field-firstname field--type-string field--label-hidden field__item">Jean-Hervé</div> <div class="field field--name-field-lastname field--type-string field--label-hidden field__item">Bradol</div> </div> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Médecin, diplômé de Médecine tropicale, de Médecine d'urgence et d'épidémiologie médicale. Il est parti pour la première fois en mission avec Médecins sans Frontières en 1989, entreprenant des missions longues en Ouganda, Somalie et Thaïlande. En 1994, il est entré au siège parisien comme responsable de programmes. Entre 1996 et 2000, il a été directeur de la communication, puis directeur des opérations. De mai 2000 à juin 2008, il a été président de la section française de Médecins sans Frontières. De 2000 à 2008, il a été membre du conseil d'administration de MSF USA et de MSF International. Il est l'auteur de plusieurs publications, dont "Innovations médicales en situations humanitaires" (L'Harmattan, 2009) et "Génocide et crimes de masse. L'expérience rwandaise de MSF 1982-1997" (CNRS Editions, 2016).</p> </div> <div class="same-author-link"><a href="/fr/jean-herve-bradol" class="button">Du même auteur</a> </div> </div> </div> </article> </div> <div class="field__item"> <article data-history-node-id="3270" role="article" about="/fr/francis-varaine" class="node node--type-person node--view-mode-embed"> <div class="node__content"> <div class="group-person-profil"> <div class="group-person-image-profil"> </div> <div class="group-person-content"> <div class="group-person-firstname-lastname"> <div class="field field--name-field-firstname field--type-string field--label-hidden field__item">Francis</div> <div class="field field--name-field-lastname field--type-string field--label-hidden field__item">Varaine</div> </div> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Médecin, spécialiste de la tuberculose, Francis Varaine a rejoint Médecins Sans Frontières il y a plus de 30 ans. Il est coordinateur du groupe de travail sur la tuberculose au sein de MSF.</p> </div> <div class="same-author-link"><a href="/fr/francis-varaine" class="button">Du même auteur</a> </div> </div> </div> </article> </div> </div> </div> </details> <div class="clearfix text-formatted field field--name-field-body field--type-text-long field--label-hidden field__item"><p>En 2010, les études épidémiologiques ont estimé à près de neuf millions le nombre de personnes atteintes d'une forme active de tuberculose, soulignant que cette pathologie avait causé cette même année environ un million et demi de morts. Plus de 90 % de ces décès étaient constatés dans des pays à revenu faible ou intermédiaire, confortant ainsi l'idée ancienne de l'existence d'une relation forte entre tuberculose et pauvreté. A présent, les progrès scientifiques et technologiques sont sur le point d'offrir de nouvelles armes aux acteurs de la lutte contre la tuberculose. Seront-elles suffisantes pour dépasser les limites auxquelles sont confrontés cliniciens et responsables de la santé publique ?</p> <p>La vaccination a rendu moins fréquentes certaines formes sévères de la maladie chez l'enfant, mais ce vaccin, mis au point dans les années 1920, n'a jamais permis d'interrompre la transmission de l'infection au sein de l'espèce humaine. La sensibilité du test diagnostique le plus utilisé dans le monde, et ce depuis la fin du XIXe siècle, est si basse que moins de la moitié des cas de tuberculose active peut être confirmée. Dans le domaine thérapeutique, la découverte de la streptomycine (1943), et l'un des premiers essais cliniques de l'histoire de la médecine (1948) comparant l'efficacité de cet antibiotique à celle du traitement chirurgical de référence utilisé jusque-là (la collapsothérapie) ont été des avancées décisives. Cependant il faut noter que la régression de la maladie en Europe a précédé la mise au point des premières thérapeutiques efficaces. Pour expliquer ce phénomène, les études historiques soulignent davantage l'effet de l'amélioration des conditions de vie que celui des actions médicales.A la fin des années 1950, l'apparition d'un nouvel antibiotique, la rifampicine, a ouvert la perspective de raccourcir le traitement à six mois au lieu d'un an. Pendant les années 1990, un usage accru de la rifampicine et une remise en ordre des programmes nationaux par l'adoption de la stratégie DOTS <span class="annotation">Directly Observed Treatment Short course</span> ont permis d'augmenter le nombre de personnes traitées ainsi que la proportion de personnes guéries. Ces nouveaux protocoles ont ravivé l'espoir d'interrompre la transmission de la maladie grâce à un traitement médical, et d'entraîner ainsi sa disparition progressive. Mais les décennies 1980 et 1990 ont également été celles de l'émergence de l'épidémie de sida. Ce déficit immunitaire, causé par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), a contribué indirectement à l'aggravation de l'endémie tuberculeuse en créant un terrain favorable aux infections opportunistes. Parmi ces dernières, la tuberculose est celle qui conduit le plus souvent au décès du patient infecté par le VIH. Pour cette raison, l'accent a été mis ces dernières années sur le traitement conjoint de ces deux infections. Cependant, 85% des personnes atteintes de tuberculose n'ont pas le sida. Cette proportion souligne la nécessité de fournir un effort spécifique pour traiter la tuberculose, non réductible à la seule promotion du traitement d'une infection opportuniste du sida.</p> <p>Les limites et les échecs de l'approche médicale ont longtemps été minorés par les institutions transnationales (Union Internationale contre la Tuberculose et les Maladies Respiratoires, Partenariat Halte à la Tuberculose et OMS). S'agissait-il pour ces institutions d'éviter que de mauvaises nouvelles ne découragent les États des pays riches qui financent la lutte contre cette endémie ? Ce que les bailleurs de fonds souhaitent financer, ce n'est pas le traitement des malades - un puits sans fond d'un point de vue économique - mais une action conduisant à la disparition de la maladie, à l'image de l'éradication de la variole (1979), obtenue par des campagnes de vaccination. A défaut de disposer d'un vaccin efficace dans le cas de la tuberculose, les experts affirment que le contrôle de la maladie pourrait résulter du traitement des tuberculoses pulmonaires actives responsables de la transmission interhumaine. A l'échelon national, un autre élément fait obstacle à la reconnaissance de la gravité de la situation. Les pays les plus affectés rechignent à voir accoler leur nom à celui d'une maladie considérée comme un stigmate de la pauvreté.</p> <p>Tout cela explique pourquoi les organismes de lutte contre la tuberculose, nationaux comme transnationaux, OMS en tête, diffusent dans ce domaine, comme dans beaucoup d'autres, des chiffres produits par les programmes nationaux qui sont trop beaux pour être vrais. Dans le même état d'esprit, de nombreux experts ont longtemps défendu l'idée que les outils disponibles (vaccin, diagnostic et médicaments) étaient suffisants pour vaincre la maladie.</p> <p>En dépit de ces discours optimistes, la fin des années 1990 a été marquée par un impératif : le lancement de nouveaux programmes de recherche permettant de renouveler la gamme des produits médicaux destinés à la prise en charge de la tuberculose. Car soixante ans après la découverte de la streptomycine - premier antibiotique réellement efficace contre la tuberculose -, l'endémie tuberculeuse n'a pas sérieusement décliné sous l'effet d'une action médicale en raison de ses points de faiblesse : un vaccin très peu protecteur, un test diagnostique d'une sensibilité médiocre et un traitement antibiotique trop long, pénible à suivre pour les malades et complexe à administrer pour les médecins. A l'échec du contrôle de l'endémie à l'échelle d'une population s'est aussi ajouté la difficulté, à l'échelle individuelle, d'obtenir la guérison dans un nombre certes limité mais croissant de cas. Au fil des années 1990, des épidémies de tuberculose résistante aux traitements usuels ont ainsi commencé à être décrites dans l'hémisphère nord, comme à New York en 1991 (198 cas).</p> <p>Au tout début du 21ème siècle, la description de niveaux jusqu'alors inconnus de tuberculose multi-résistante rapportés en ex-Union Soviétique et en Asie centrale ont confirmé l'aggravation de la situation. Il est rapidement apparu qu'à des degrés variables aucune région du monde n'était épargnée. Au cours de l'année 2005, en Afrique du Sud, une épidémie de formes ultra-résistantes, c'est-à-dire d'emblée incurables, achevait de convaincre de la gravité de la situation, d'autant que de tels cas avaient déjà été signalés dans plusieurs pays. Dans cette perspective, l'apparition récente d'épidémies de tuberculose dite « totalement résistante » comme celle de Bombay en 2012 apparaît comme le résultat ultime de l'impuissance à contrôler cette maladie.</p> <p>D'une façon plus générale, l'inquiétude provoquée par les formes résistantes de maladies infectieuses anciennes (paludisme, tuberculose...) et surtout l'émergence de nouvelles épidémies (le sida, la maladie d'Ebola...) ont relancé la lutte contre les maladies infectieuses. Les États les plus puissants sur la scène internationale ont été soucieux d'assurer leur propre sécurité sanitaire et voulaient se prémunir des conséquences économiques potentiellement désastreuses de certaines épidémies. Les gouvernants ont également été sensibles aux mises en cause politiques que ne manqueraient pas de formuler leurs opposants si la mortalité due aux maladies infectieuses devenait incontrôlable. Pour éviter que la catastrophe sanitaire ne se conjugue avec une crise politique, il est devenu urgent pour les dirigeants d'affirmer que la menace était identifiée et que des éléments de réponse étaient apportés. Au cours d'une réunion du G8 (Okinawa, 2000), les États membres ont décidé de relancer la lutte contre les maladies infectieuses. Le Fond mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a été créé (2002) pour accroître les ressources financières destinées à lutter contre ces trois maladies. Dans le domaine de la tuberculose, la création de trois nouvelles institutions, sous la forme de partenariats entre institutions publiques et privées, a complété le dispositif : l'Alliance contre la tuberculose (2000) pour les traitements, Aeras (2003) pour les vaccins et Find (2003) pour les diagnostics.</p> <p>Une décennie plus tard, les premiers résultats de cette relance de la recherche sont-ils à la hauteur de l'argent investi et du temps consacré ? Le sujet mériterait une revue critique détaillée et un examen scrupuleux de la gestion des conflits d'intérêts entre acteurs privés (par exemple les multinationales des équipements médicaux et de la pharmacie) et les acteurs du service public (les organismes transnationaux et les programmes nationaux de lutte contre la tuberculose). Si l'échéance pour disposer d'un nouveau vaccin paraît encore lointaine (au moins une dizaine d'année), d'ores et déjà le diagnostic est facilité par l'arrivée d'un nouveau test (le GeneXpert ®). Les caractéristiques de ce dernier sont éloignées des spécifications optimales formulées par les praticiens mais le progrès est néanmoins réel. De nouvelles molécules, notamment celles développées par les laboratoires Tibotec et Otsuka, atteignent aujourd'hui les phases finales des essais cliniques. L'arrivée de plusieurs nouveaux antibiotiques (par exemple la bédaquiline et le délamanide), les premiers depuis cinquante ans, suscite l'espoir d'améliorer la situation à court terme. D'une part, ces nouvelles molécules laissent entrevoir la possibilité de raccourcir le traitement : de quelques mois à quelques semaines. D'autre part, intégrés à de nouvelles combinaisons thérapeutiques, elles pourraient également guérir les formes aujourd'hui résistantes aux antibiotiques couramment utilisés.</p> <p>Ces avancées scientifiques et technologiques permettront-elles un jour d'interrompre la transmission de la tuberculose au sein des sociétés où elle tue le plus ? En l'état des connaissances, l'issue de l'aventure reste incertaine. Atteindre un objectif aussi radical nécessiterait l'évolution d'un ensemble de paramètres (sociaux, culturels, économiques et politiques) qui sortent du cadre médical.</p> <p>En dépit des incertitudes inhérentes à toute innovation à sa phase initiale, il est urgent d'agir en faveur des patients qui se trouvent aujourd'hui dans la situation la plus critique. Les malades atteints par des formes de tuberculose résistantes aux antibiotiques doivent subir un traitement long de deux ans, d'une lourde toxicité, très coûteux et qui échoue une fois sur deux. Ces patients, un demi-million de nouveaux cas estimés chaque année, devraient pouvoir bénéficier au plus tôt de la nouvelle gamme d'antibiotiques. Toutefois, si le progrès scientifique ouvre une perspective nouvelle, d'autres expériences (notamment celles de la lutte contre le paludisme et le sida) invitent à la méfiance. En l'absence d'une mobilisation sociale et politique, il est rare qu'une nouvelle génération de traitements puisse être rapidement accessible à ceux qui en ont un besoin immédiat pour survivre. Au début des années 2000, les difficultés d'approvisionnement (prix élevés et qualité incertaine), les blocages administratifs lors des importations et la lenteur des autorités sanitaires pour adopter de nouvelles recommandations thérapeutiques ont été le lot quotidien des équipes soignantes décidées à innover dans la lutte contre les infections. Espérons que les médecins humanitaires puissent être le plus vite possible en mesure de prescrire ces nouveaux antibiotiques : aujourd'hui, ils représentent souvent le dernier recours pour des patients affectés par une tuberculose résistante aux traitements actuels.</p> <p>&nbsp;</p> </div> <div class="citation-container"> <div class="field--name-field-citation"> <p> <span>Pour citer ce contenu :</span> <br> Jean-Hervé Bradol, Francis Varaine, Mettre fin aux décès dus aux tuberculoses résistantes , 27 avril 2012, URL : <a href="https://msf-crash.org/fr/publications/medecine-et-sante-publique/mettre-fin-aux-deces-dus-aux-tuberculoses-resistantes">https://msf-crash.org/fr/publications/medecine-et-sante-publique/mettre-fin-aux-deces-dus-aux-tuberculoses-resistantes</a> </p> </div> </div> <div class="contribution-container"> <div class="field--name-field-contribution"> <p> <span>Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article,</span> vous pouvez nous retrouver sur Twitter ou directement sur notre site. </p> <a href="/fr/contribuer?to=4164" class="button">Contribuer</a> </div> </div> <drupal-render-placeholder callback="flag.link_builder:build" arguments="0=node&amp;1=4164&amp;2=reading_list" token="v94ASUEMZ6ucKTSpW6wUVWsmIgs7t8yPNv8k0KT4V_o"></drupal-render-placeholder><span class="field field--name-title field--type-string field--label-above">Mettre fin aux décès dus aux tuberculoses résistantes </span> Fri, 27 Apr 2012 00:00:00 +0000 nicolas.l 4164 at https://msf-crash.org Le droit des brevets face au traitement des pandémies dans les pays émergents https://msf-crash.org/fr/publications/medecine-et-sante-publique/le-droit-des-brevets-face-au-traitement-des-pandemies-dans <div class="field field--name-field-publish-date field--type-datetime field--label-inline clearfix"> <div class="field__label">Date de publication</div> <div class="field__item"><time datetime="2001-04-01T12:00:00Z" class="datetime">01/04/2001</time> </div> </div> <span rel="schema:author" class="field field--name-uid field--type-entity-reference field--label-hidden"><span lang="" about="/fr/user/63" typeof="schema:Person" property="schema:name" datatype="">Kesaven-02</span></span> <span property="schema:dateCreated" content="2001-04-01T00:00:00+00:00" class="field field--name-created field--type-created field--label-hidden">dim, 04/01/2001 - 02:00</span> <div class="field field--name-field-tags field--type-entity-reference field--label-hidden field__items"> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/endemies" property="schema:about" hreflang="fr">endémies</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/brevets" property="schema:about" hreflang="fr">brevets</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/antibioresistance" property="schema:about" hreflang="fr">antibiorésistance</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/epidemies" property="schema:about" hreflang="fr">épidémies</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/antiretroviraux" property="schema:about" hreflang="fr">antirétroviraux</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/sida" property="schema:about" hreflang="fr">SIDA</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/propriete-intellectuelle" property="schema:about" hreflang="fr">propriété intellectuelle</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/industrie-pharmaceutique" property="schema:about" hreflang="fr">industrie pharmaceutique</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/paludisme" property="schema:about" hreflang="fr">paludisme</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/trypanosomiase" property="schema:about" hreflang="fr">trypanosomiase</a></div> <div class="field__item"><a href="/fr/tags/recherche" property="schema:about" hreflang="fr">recherche</a></div> </div> <details class="field--type-entity-person js-form-wrapper form-wrapper"> <summary role="button" aria-expanded="false" aria-pressed="false">Rony Brauman</summary><div class="details-wrapper"> <div class="field--type-entity-person js-form-wrapper form-wrapper field field--name-field-authors field--type-entity-reference field--label-hidden field__items"> <div class="field__item"> <article data-history-node-id="3221" role="article" about="/fr/rony-brauman" class="node node--type-person node--view-mode-embed"> <div class="node__content"> <div class="group-person-profil"> <div class="group-person-image-profil"> <div class="field field--name-field-image field--type-image field--label-hidden field__item"> <img src="/sites/default/files/styles/profile_image/public/2017-04/DSCF4256.jpg?itok=nCrBsaSM" width="180" height="230" alt="Rony Brauman" typeof="foaf:Image" class="image-style-profile-image" /> </div> </div> <div class="group-person-content"> <div class="group-person-firstname-lastname"> <div class="field field--name-field-firstname field--type-string field--label-hidden field__item">Rony</div> <div class="field field--name-field-lastname field--type-string field--label-hidden field__item">Brauman</div> </div> <div class="clearfix text-formatted field field--name-body field--type-text-with-summary field--label-hidden field__item"><p>Médecin, diplômé de médecine tropicale et épidémiologie. Engagé dans l'action humanitaire depuis 1977, il a effectué de nombreuses missions, principalement dans le contexte de déplacements de populations et de conflits armés. Président de Médecins Sans Frontières de 1982 à 1994, il enseigne au Humanitarian and Conflict Response Institute (HCRI) et il est chroniqueur à Alternatives Economiques. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et articles, dont "Guerre humanitaires ? Mensonges et Intox" (Textuel, 2018),"La Médecine Humanitaire" (PUF, 2010), "Penser dans l'urgence" (Editions du Seuil, 2006) et "Utopies Sanitaires" (Editions Le Pommier, 2000).</p> </div> <div class="same-author-link"><a href="/fr/rony-brauman" class="button">Du même auteur</a> </div> </div> </div> </article> </div> </div> </div> </details> <div class="clearfix text-formatted field field--name-field-body field--type-text-long field--label-hidden field__item"> <p>Mon propos concerne les rapports entre le droit des brevets et l’absence de traitement des grandes endémies.</p> <p>Dans les pays défavorisés, le problème posé aux praticiens, qu’ils soient autochtones ou membres d’organisations internationales, est celui de l’aggravation d’un appauvrissement, déjà permanent, de leur arsenal thérapeutique. Une plus grande résistance aux médicaments anciens explique cette pénurie. Les causes de mortalité dans les pays du Tiers Monde sont essentiellement infectieuses et parasitaires ; par conséquent l’invention d’un nouvel anti-infectieux ou anti-parasitaire provoque une sélection de souches résistantes pour lesquelles un autre médicament actif est nécessaire : c’est ainsi qu’en France, plusieurs générations d’antibiotiques se succèdent.</p> <p>Pour les populations insolvables, la question se pose dans des termes différents. Les générations de nouveaux traitements tardent, entraînant une réduction de l’arsenal thérapeutique des médecins face à des épidémies graves, comme le paludisme, la tuberculose, la maladie du sommeil, la leishmaniose et le sida, celle qui progresse le plus. Cette affection, qui a la caractéristique d’avoir frappé démocratiquement les couches inférieures comme supérieures des différentes sociétés, a provoqué un effort de recherche sans précédent. Le problème n’est pas tant la disponibilité que l’accès financier aux anti-rétroviraux et anti-protéases. La question du sida suscite le débat sur la propriété intellectuelle. L’épisode sud-africain - trente-neuf compagnies pharmaceutiques ont poursuivi le gouvernement en raison de sa décision de fabriquer, sous forme générique, des anti-rétroviraux - témoigne d’une situation plus que critique. Nous constatons, avec de nombreux observateurs et organisations humanitaires qui parcourent le monde, que les inégalités en matière de santé et d’économie, se creusent à une vitesse vertigineuse.</p> <p>Je ne partage ni l’optimisme technique, ni l’optimisme libéral, de certains de mes confrères. La propriété intellectuelle, perçue comme la protection d’une innovation, qui serait elle-même le gage d’un progrès dans le domaine des techniques de soins, et donc dans la santé en général, me semble tout à fait discutable. L’observation de certaines situations me conduit à m’interroger sur le fondement de cette propriété et à la considérer comme un problème médical en tant que tel. Lors de l’explosion de l’épidémie de sida en Thaïlande, un laboratoire<span class="annotation">Bristol Myers Squibb</span>, a empêché le gouvernement thaïlandais d’invoquer une clause de l’OMC, dite de « licence obligatoire », permettant de fabriquer en cas d’urgence sanitaire des médicaments génériques, alors même qu’ils sont encore protégés par des brevets. Ce laboratoire a recouru à l’intimidation physique. Il est certain que l’ensemble des entreprises pharmaceutiques n’est pas incriminé. Parallèlement, l’attitude du gouvernement américain a été significative : la Thaïlande a été menacée de mesures de rétorsion économiques, qui ne concernaient pas directement cette application légale de la clause de l’OMC, mais affectaient les exportations de microprocesseurs, bois précieux, riz, et autres produits nationaux thaïlandais, vers les Etats-Unis. Gouvernement et laboratoire ont joint leurs efforts dans une stratégie d’intimidation, hors légalité, afin de bloquer la fabrication de la DDI en Thaïlande. Au Brésil, en Afrique du Sud, la propriété intellectuelle est considérée comme un principe. Sa remise en cause porte atteinte aux facultés d’innovation thérapeutique, laquelle est l’apanage exclusif des laboratoires pharmaceutiques. « La protection de la santé a pour corollaire obligé la propriété&nbsp;intellectuelle ». C’est sur cet argument que se fonde la position de principe des laboratoires en Afrique du Sud. Ce n’était pas le très faible segment de marché concernant une population insolvable qui constituait le cœur du problème, mais la modification du principe par la fameuse exception sud-africaine. Sous la pression des critiques publiques de l’ONG et des médias, ces laboratoires ont abandonné leur plainte et apporté ainsi la preuve de leur faiblesse argumentaire face à la mobilisation publique, en Afrique du sud, mais également sur le plan international.</p> <p>L’AZT comme la DDI, qui ont procuré aux entreprises pharmaceutiques des profits estimés à des milliards de dollars, sont des productions de la recherche publique. Il faut rappeler que la recherche privée n’est pas uniquement le lieu de l’innovation, même si, de fait, elle y contribue dans une proportion importante. Cependant l’innovation n’est pas que technique : le générique est une découverte de première importance, qui comporte en plus une dimension sociale. Depuis vingt-cinq ans, environ 1200 nouvelles molécules ont été mises sur le marché. 1% (11 ou 13) concerne les pathologies tropicales, maladies des populations défavorisées ; le reste, soit une proportion très importante, est constitué de ce que l’on appelle, dans les milieux pharmaceutiques, les « me too ». Ce sont des copies légèrement modifiées de molécules déjà existantes qui suscitent un intérêt justifié par les perspectives mercantiles. D’ailleurs, ce sont les molécules dites de « style de vie », réputées traiter l’obésité, l’impuissance, la chute des cheveux et d’autres problèmes de ce type, qui occupent la plus grande part du marché et qui pourtant sont loin de constituer une priorité. Cette notion de propriété intellectuelle, exercée comme un chantage permanent face aux impératifs des avancées scientifiques, est fragilisée par la réalité de la recherche : l’innovation n’est pas l’apanage du secteur privé, et d’autre part la plupart des molécules n’ont rien d’innovant sinon la stratégie de marketing.</p> <p>Environ deux tiers des cas de sida se développent en Afrique. Il s’agit d’un problème de santé publique, de sécurité collective, de morale politique, d’importance majeure, auprès duquel la question de la propriété intellectuelle doit être résolue. Les médicaments ne doivent pas être considérés comme de simples marchandises. Un traitement antirétroviral coûte environ 15 000 dollars lorsqu’il est composé de médicaments sous brevets, et 300 lorsqu’il est composé de médicaments génériques. Cette observation peut donner une idée du profil des acheteurs.</p> <p>Pour le paludisme, la recherche est pratiquement arrêtée depuis la fin de la guerre du Vietnam. Pendant la guerre, des recherches pharmacologiques ont été menées pour le traitement des GI’s. Aujourd’hui, cette maladie ne revêt plus d’intérêt, et les rares molécules apparues ne sont généralement pas développées.</p> <p>En ce qui concerne la maladie du sommeil, il existe un médicament actif, l’Eflornithine, qui n’est pas développé car la maladie affecte des populations insolvables. Le laboratoire a d’ailleurs fait don de la molécule à l’OMS<span class="annotation">Organisation mondiale de la Santé</span><span> </span>qui est maintenant responsable de sa commercialisation. La méthode pour la développer n’a pas été trouvée. Il est terrifiant de penser que des milliers de personnes sont soignées par des médicaments inefficaces dans la moitié des cas, et mortels dans un quart des cas. L’Eflornithine n’est pas disponible sur le marché alors qu’il existe une résistance ou incompatibilité à la thérapeutique utilisée.</p> <p>Mais ce n’est pas aux laboratoires privés, qui sont des sociétés commerciales dont le but est de faire du profit, d’accomplir cette mission. Les laboratoires contrôlent une très grande partie de l’information scientifique, y compris celle des médecins. Une fois les études terminées, l’unique formation post-universitaire du praticien est dispensée par les laboratoires. Une seule revue en France est indépendante : la revue <em>Prescrire. </em>L’information scientifique est pour le moins biaisée.</p> <p>Il faut exiger des laboratoires un effort de transparence. La campagne occasionnée par la plainte déposée en Afrique du Sud, constituait une première entrée dans l’intimité financière des laboratoires. Les chiffres, 500 millions à un milliard de dollars, avancés par ces derniers pour le développement d’une molécule, doivent être mis en doute et même revus à la baisse.</p> <p>Les Etats et les organisations intergouvernementales ont évidemment un rôle essentiel à jouer et doivent se mobiliser pour parvenir à rendre disponibles, dans les pays pauvres, des molécules au caractère vital évident. Ces molécules doivent faire l’objet de recherches et, pour cela, bénéficier d’une exception à la propriété intellectuelle en vue d’une production sous forme générique. On peut imaginer une exception sanitaire, un peu à l’image de l’exception culturelle française. Pour contrecarrer la puissance des laboratoires, les organisations internationales, et en tout premier lieu la Banque Mondiale, puis les gouvernements, se doivent d’apporter des solutions pour les transferts de technologie, stimuler la recherche, développer de nouvelles molécules, et enfin diffuser les molécules existantes pour améliorer les capacités de traitement.</p> </div> <div class="citation-container"> <div class="field--name-field-citation"> <p> <span>Pour citer ce contenu :</span> <br> Rony Brauman, Le droit des brevets face au traitement des pandémies dans les pays émergents, 1 avril 2001, URL : <a href="https://msf-crash.org/fr/publications/medecine-et-sante-publique/le-droit-des-brevets-face-au-traitement-des-pandemies-dans">https://msf-crash.org/fr/publications/medecine-et-sante-publique/le-droit-des-brevets-face-au-traitement-des-pandemies-dans</a> </p> </div> </div> <div class="contribution-container"> <div class="field--name-field-contribution"> <p> <span>Si vous souhaitez critiquer ou développer cet article,</span> vous pouvez nous retrouver sur Twitter ou directement sur notre site. </p> <a href="/fr/contribuer?to=3890" class="button">Contribuer</a> </div> </div> <drupal-render-placeholder callback="flag.link_builder:build" arguments="0=node&amp;1=3890&amp;2=reading_list" token="gwFlvy8CB6x4lcaVcd9N9RnjuIVSxTvMYyLNot3wM4g"></drupal-render-placeholder><span class="field field--name-title field--type-string field--label-above">Le droit des brevets face au traitement des pandémies dans les pays émergents</span> Sun, 01 Apr 2001 00:00:00 +0000 Kesaven-02 3890 at https://msf-crash.org